Les produits toxiques pour les chats

En plus du poison, le chat peut être victime d’un certain nombre de produits qu’il risque de rencontrer dans ses errances. Presque tous les dangers viennent de ces produits chimiques modernes, dont nous faisons un usage courant et que nous avons introduits, un peu à la légère, dans l’univers de notre félin. Poussés par le désir de vivre dans un monde immaculé que nous maîtrisons, nous avons, sans le vouloir, pollué celui des chats.

Les premiers à mettre à l’index sont les désinfectants et les pesticides. Certes, ils nous sont nécessaires, mais lorsque nous les utilisons, nous devrions avoir une pensée pour les chats. Sinon, tôt ou tard, nos petits compagnons en souffriront. Cette remarque concerne l’intérieur et l’extérieur de la maison, le jardin et les terres agricoles. Les animaux sauvages ne sont pas seuls à supporter les conséquences des avancées technologiques de l’agriculture moderne.

Un des plus grands dangers pour le félin vagabond est, aujourd’hui, l’utilisation des poisons destinés aux rongeurs. Les gens emploient toutes sortes de variétés de mort-aux-rats, sans songer un instant que l’effet initial de ces produits sera de ralentir la course de la victime qui tombera d’autant plus aisément sous la dent du chasseur.

En d’autres termes, la souris empoisonnée a plus de chance qu’une autre de finir dans l’estomac du chat. Or, le corps de la souris contient toujours le poison qui en a fait une proie facile, et celui-ci peut causer de graves ennuis au malheureux félin. Après avoir dévoré le produit de sa chasse, le chat risque de se mettre à vomir, l’écume aux lèvres, d’avancer en titubant dans un état second.

Son rythme cardiaque peut s’accélérer ou s’affaiblir, sa respiration devenir pesante et laborieuse, et il peut avoir des convulsions et saigner. Si le rongeur a absorbé une forte dose de poison, le chat peut mourir.

C’est de notre part un comportement doublement impardonnable, puisque la
fonction première du chat était de tuer les souris. Non contents de le déposséder de son rôle ancestral, les maniaques du poison l’agressent physiquement d’une manière sournoise et détournée.

Un autre danger vient des poudres et vaporisateurs domestiques qui sont employés à l’excès — pour la pelouse, par exemple. Les chats qui s’étendent sur le gazon s’imprègnent de désherbant, qu’ils lèchent ensuite avec application et absorbent avec une facilité navrante. A l’intérieur de la maison, les divers insecticides chimiques, désinfectants et vaporisateurs de également contaminer la fourrure du chat, lorsqu’il s’étend sur
le sol ou sur toute autre surface.

Le chat est, encore une fois, victime de sa propreté obsessionnelle, qui l’amène à nettoyer fréquemment sa fourrure avec sa langue, et ce geste véhicule jusqu’à son système des produits prétendus utiles. De petites traces n’auront sans doute aucun effet, mais dans les maisons où l’hygiène est devenue une véritable manie, notre animal familier n’est pas à l’abri.

Une de nos erreurs consiste à imaginer que tout ce qui nous est nuisible ou bénéfique l’est automatiquement pour nos petits compagnons. Certains analgésiques dont nous faisons usage — même les plus courants et les plus bénins, comme l’aspirine — peuvent être préjudiciables pour le
chat. En prétendant l’humaniser au point de lui administrer une médication réservée aux humains, nous risquons de lui faire du mal alors que nous voulions l’aider.

Quand un chat est malade, mieux vaut consulter un vétérinaire. D’ailleurs tous les problèmes d’intoxication sont remboursés par les assurances santé pour animaux si vous en possédez une

A Noël ou à l’occasion d’une célébration, il y a souvent quelqu’un pour vouloir faire participer à la fête le chat de la maison en coupant son lait avec de l’alcool. La plupart des chats refusent ce « traitement de faveur », mais ceux qui passent outre à leurs habitudes en paieront les
conséquences. Notre système digestif a du mal à absorber des produits comme l’alcool, mais nous sommes résistants et parvenons assez bien à éliminer les substances multiples et suspectes que nous infligeons à nos organes doués d’une grande faculté d’endurance.

Le système digestif du chat est beaucoup moins habile à cet égard et ne réussit pas toujours à réduire les éléments dangereux présents dans des produits ingérés. Tout comme ils ne peuvent supporter un régime végétarien de moindre valeur nutritionnelle, il leur est difficile de tolérer une quantité d’alcool, même bénigne, et ils se mettent à vomir, s’effondrent et peuvent tomber dans le coma. La sobriété est la première vertu du chat domestique.

Enfin, il existe un poison naturel, très ancien, dont peut être victime un félin inexpérimenté. Le jeune chat adulte qui, au printemps, s’aventure au jardin, découvre avec ravissement une petite proie dont, curieusement, il peut s’emparer sans mal. Le crapaud commun sautille maladroitement, incapable de s’élancer d’un bond pour se mettre à couvert. Le chat est cloué sur place par cette vision fascinante, puis il bondit et plante ses dents acérées dans sa victime.

Quelques instants plus tard, le chasseur est en proie à d’atroces douleurs. La bouche, devenue rouge, enfle. Il commence à avoir des haut-le-cœur et se
met à baver. Ce chat vient de découvrir à son tour une des grandes vérités de la vie au jardin : ne jamais essayer de tuer un crapaud !

Le malheureux crapaud, si balourd, si pataud qu’il semble être la proie rêvée de tous les prédateurs, mammifères ou oiseaux, a réussi à survivre pendant des millions d’années grâce à un poison particulièrement violent qu’il sécrète, la bufotaline. Cette substance est contenue dans les larges verrues qui recouvrent la surface supérieure de son corps. Les verrues sont sans danger pour les humains, car elles ne libèrent leur poison que lorsque le batracien est blessé. Si l’animal est mordu par un chat ou par un
autre prédateur imprudent, les verrues dégagent le poison entre les mâchoires de l’attaquant. Celui-ci ne tarde pas à relâcher sa proie qui en profite pour s’esquiver, avec seulement quelques légères égratignures, s’il a de la chance.

Ce n’est pas par hasard que les deux verrues les plus grosses sont situées à la base du cou, à l’endroit précis où le chat aime plonger ses canines lorsqu’il inflige sa morsure spécialisée de tueur. Ces excroissances sont si volumineuses qu’elles ont l’air de deux protubérances derrière les yeux de l’animal et sont couvertes de pores par lesquels le poison suinte. Compte tenu du fait qu’il suffit de 20 milligrammes de ce poison pour tuer un chien, et qu’un chat est tout aussi fragile, il est évident que le crapaud des jardins représente une réelle menace pour le félin imprudent.

Serait-ce là l’origine du vieux dicton : « Chat échaudé craint l’eau froide », qui ne plaide pas en faveur d’une curiosité mal placée? Heureusement, la plupart des chats familiers ont vite fait d’apprendre, si un crapaud croise leur chemin, qu’il n’est pas bon de s’y frotter et, après un petit coup de dent préliminaire, ils abandonnent à son sort l’amphibien terrifié, ils ne
commettent jamais deux fois la même erreur. Seul le chasseur sauvage, qui, d’emblée, plonge profondément ses crocs dans la nuque du crapaud, encourt un traumatisme grave pouvant entraîner la mort.

Un dernier avertissement : l’antigel a bon goût et les chats adorent son odeur. Il faut surveiller le chat, s’il s’introduit dans le garage au moment où on remplit d’antigel le radiateur de la voiture, à l’entrée de l’hiver.

L’animal risque de repérer une petite flaque de produit, qui aura débordé par terre. S’il la lèche, il risque de tomber dans un coma profond. Le glycol d’éthylène peut provoquer des dégâts irréparables aux reins. Le problème est que souvent la flaque se forme sous la voiture, à un endroit peu visible, difficilement accessible et, par conséquent, malaisé à éponger. Par contre, le chat, avec son corps mince, n’a aucun mal à s’y faufiler, et le mal est vite fait. Trop souvent, quand notre petit compagnon bien-aimé est malade, nous pensons maladies, infections, alors que la cause réelle peut être une intoxication chimique de nature tout à fait banale et accidentelle.

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